Ils sont 5 et conditionnent nos vies : « les drivers » ou « les pilotes inconscients »

Avez-vous déjà eu ce sentiment de vouloir absolument « faire plaisir » à quelqu’un quitte à faire passer ses besoins avant les vôtres ? Avez-vous tendance dans votre environnement personnel ou professionnel à vouloir « être fort(e) » à vous débrouiller tout(e) seul(e), à être courageux/courageuse, à encaisser les coups sans jamais demander de l’aide ?

Nous avons généralement une ou deux attitudes préférées en fonction de notre propre vécu.

Le psychologue Taibi Kahler a baptisé ce type d’attitudes les « drivers » ou « pilotes inconscients ». Il en cite 5, qui correspondent à des injonctions auxquelles nous sommes tous à un moment donné susceptibles d’obéir, sans même nous en rendre compte. On trouve :

  • Le « Sois parfait » qui pense que tant que les choses ne sont pas parfaites, il doit poursuivre son travail en les améliorant. Il ne s’autorise pas à faire des erreurs. Il est réfléchi et prudent et n’écoute pas forcément son entourage quand il s’agit de travailler en équipe.
  • Le « Fais des efforts » qui aime se dépasser et ne s’autorise pas à réussir facilement.
  • Le « Fais plaisir » qui fait passer les besoins des autres avant les siens. Il n’ose pas dire non. Il est très attentif aux autres.
  • Le « Dépêche-toi » qui travaille vite pour être efficace. Il ne s’autorise pas à prendre du temps. Il agit dans la précipitation et l’action.
  • Le « Sois fort » qui est certain qu’il doit se débrouiller tout seul. Il ne s’autorise pas à demander de l’aide. Il est plutôt actif.

Les drivers sont liés aux injonctions de nos parents reçues dans notre enfance. On les repère aux phrases du type : « soit gentil avec ton frère » ; « fait plaisir à ton père » ; « dépêche-toi on va être en retard » ; « tu traînes là » ; « tu ne travailles pas assez à l’école » ; « on n’a rien sans rien » ; « tu es trop sensible » ; « tu veux vraiment me faire de la peine ? » ; « Moi à ton âge je travaillais tu sais ! » ; « une cuillère pour papa, une cuillère pour maman » ; « tu seras gentil si… » ; « fais-moi plaisir… » ; « Tu as dépassé sur ton coloriage » ; « Rassure-moi, tu as eu la meilleure note ? » ; « et les autres, ils ont eu combien ? ».

Conséquence :  il y a de fortes chances que la personne devenue adulte développe un comportement « soit gentil » ; « fait des efforts » ; « soit fort »…

Vous l’aurez compris, les drivers sont des messages qui, à force d’être répétés, influencent inconsciemment notre comportement depuis notre enfance. Chacun d’entre nous possède un ou deux drivers dominants. Chez moi le côté « fait plaisir » est assez présent…avez-vous une petite idée du vôtre ?

Lors d’un coaching, j’invite toujours le coaché à faire le point sur ses pilotes inconscients, pour cela il doit répondre spontanément à une série de questions et dire s’il est d’accord ou pas du tout d’accord. Je me rappelle d’une séance ou la personne avait un driver dominant « soit fort » et en cherchant dans son enfance elle avait effectivement très souvent entendu « soit forte ma fille tout va bien se passer ». Lors du processus de coaching, elle a eu un flash-back et a su d’où venait son driver. Dès sa naissance à ses 11 ans, elle souffrait d’une maladie qui l’obligeait à se rendre souvent à l’hôpital pour recevoir des soins médicaux. Inconsciemment, son quotidien était guidé par son driver « soit forte ». Un autre coaché avait un driver « soit parfait » qui s’expliquait par les nombreuses compétions sportives auxquelles ses parents l’inscrivaient depuis sa plus tendre enfance. Inconsciemment, il ne s’autorisait que très rarement le droit à l’erreur. Il lui fallait toujours être parfait et réussir à tout prix.

Une fois adulte, ces messages contraignants peuvent devenir encombrants quand on est en stress. Ils nous font alors perdre du temps et se dégage une énergie négative.

Lorsque mon client a identifié son driver « soit parfait » je l’ai aidé à ne plus avoir peur du changement lorsqu’il envisageait sa reconversion professionnelle « Et si je me plantais » ? « Je n’ai pas le droit de me tromper de voie professionnelle à mon âge »…Il avait des tas de croyances limitantes.

Face aux drivers, accordez-vous des permissions. Lorsque vous parvenez à identifier vos drivers dominants, l’idée est de ne surtout pas les supprimer de votre vie car ils peuvent être très aidants. Il suffit juste de les rendre un peu moins présents pour que vous puissiez vous autoriser à lâcher prise de temps en temps…

Par exemple : si votre driver dominant est « soit parfait » accordez-vous des permissions du genre « L’erreur est humaine » ; « je fais tout mon possible pour corriger mes erreurs et ne pas les reproduire » ou « je connais des choses mais j’en ignore aussi d’autres… » ; « personne n’est parfait » ; « je suis comme je suis ».

Par exemple : si votre driver dominant est « dépêche-toi » accordez-vous des permissions du genre « je prends mon temps » ; « je fais ce que j’ai à faire avec efficacité et je n’ai pas besoin de m’affoler ».

Par exemple : si votre driver dominant est « fais plaisir » accordez-vous des permissions du genre « je vais m’écouter en me faisant plaisir » ; « je fais confiance en mon intuition » ;

Par exemple : si votre driver dominant est « soi fort » accordez-vous des permissions du genre « j’ai des forces mais aussi des faiblesses et je ne les cache pas » ; « je ne dois pas hésiter à demander de l’aide quand j’en ressens le besoin».

Par exemple : si votre driver dominant est « fais des efforts » accordez-vous des permissions du genre « je prends du plaisir » ; « je le fais simplement sans me prendre la tête ».

N’hésitez pas à prendre le temps d’identifier vos drivers afin de bien savoir communiquer avec votre entourage et histoire aussi de ne pas les transmettre à vos enfants….

Comme on dit « mieux vaut prévenir que guérir » !

 


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